Indemnisation des usagers franciliens touchés par la grève : lettre ouverte de trois associations

Lettre ouverte des associations d’usagers à M. Alain Krakovitch, Directeur Général SNCF Transilien  

Copie :

Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France

Stéphane Beaudet, Vice-Président de la région Ile-de-France en charge des Transports

Jean-François Carenco, Préfet de la région Ile-de-France

Ile-de-France, le 8 juin 2016

Objet : Demande d’indemnisation des usagers à la suite des fortes perturbations du réseau SNCF en Ile-de-France liée à la grève de vos agents.

Monsieur le Directeur Général,

Depuis le 9 mars, et de façon répétée depuis le 18 mai, nous, usagers du réseau francilien de la SNCF, payons très lourdement les conséquences d'un conflit social qui ne nous concerne pas. Les associations reçoivent de nombreux témoignages des situations honteuses rencontrées par vos voyageurs. Aux quatre coins de l’Ile de France, combien sommes-nous à perdre chaque jour tant de temps dans les rares trains qui fonctionnent. A pas pouvoir monter et à ne pas pouvoir aller travailler ? La souffrance accumulée par ces semaines de difficultés n’est pas acceptable. Les patrons sont furieux, les vies de famille sont chamboulées. Les quais débordent, il y beaucoup de malaises et de tensions dans les trains.

Sur certaines lignes, les usagers subiront mercredi leur 22ème jour de grève en 2016, c’est notamment le cas des réseaux Est et Saint Lazare. Sur certaines lignes, le plan de transport minimum de 33% de trains en circulation n'a pas été respecté (cf. annexe I-C-3 du contrat STIF-SNCF) : ligne U fermée ou limitée certaines journées, ligne R avec environ 10% du trafic normal, RER C et D avec environ 25% du trafic normal. Sur de nombreuses lignes, notamment les B, D et L, le plan de transport annoncé n’est pas respecté.

La semaine dernière, les impacts de la grève se sont cumulés avec les conséquences exceptionnelles de la crue de la Seine. La SNCF n’a pas été en mesure d’augmenter la desserte réduite des lignes de trains qui servaient de trajet alternatif aux usagers des lignes touchées par les crues. Ceci a créé, et crée toujours, des situations très compliquées, tendues et dangereuses pour les usagers. Voici quelques exemples :

-  la ligne U (un train par heure le vendredi 3 juin) n’a pas permis de remplacer les lignes N et C coupées ;

-  les usagers de la branche nord du RER C n’ont pas pu se reporter sur la ligne H, très réduite ;

-  le RER D déjà saturé n’a pas permis de pallier les branches Sud du RER C au trafic si réduit ;

- 

Le droit de grève est un droit constitutionnel essentiel. Nous ne nous immiscerons pas dans vos discussions internes. Cependant lorsque la SNCF n’exécute durablement pas le contrat qui la lie aux usagers, par l’intermédiaire de l’autorité organisatrice STIF, l’usager doit être remboursé. Nous réclamons ainsi le remboursement de 50% d’un mois de forfait Navigo pour tous les usagers abonnés au Pass Navigo touché par la grève, soit 35 euros par abonné.

Si le mouvement était amené à durer, le montant du remboursement devrait être revu à la hausse. Lors du précédent mouvement d’ampleur en 2014 (il y a deux ans…), vous aviez indemnisé les usagers abonnés pour le préjudice subi, alors même que les conséquences de la grève ne s’étaient pas cumulées aux impacts des inondations.

Les éventuelles difficultés techniques et coûts de mise en oeuvre d’une indemnisation des abonnés au Pass Navigo désormais Pass Unique ne sont en aucun cas une raison opposable : il n’est pas acceptable de faire subir de telles difficultés aux usagers à cause d’un dialogue social délétère et hors d’âge (cf. RATP). Et ce alors que le réseau Francilien est au bord de l’implosion sur de nombreuses lignes saturées, qu’il est vétuste à cause d’années de sous-investissements dans lesquelles le Groupe SNCF porte une responsabilité claire.

Nous demandons à Madame Valérie Pécresse, Présidente de la région Ile-de-France, et à ce titre représentante ultime des usagers du réseau de transports francilien, de faire sienne notre demande d’indemnisation. Lors de la récente campagne régionale, Madame Pécresse s’était engagée à ce que les utilisateurs des transports en commun soient indemnisés en cas de grève.

Nous savons que cette mesure sera coûteuse pour la SNCF. Elle devra bien entendu être déduite de vos résultats et ne modifier en rien les investissements programmés. Mais la démarche est essentielle : quand le service n’est pas rendu, on rembourse. Pour de très nombreux usagers, ce sera une goutte d’eau face au temps perdu, au stress accumulé, et aux dépenses supplémentaires concédées pour s’organiser (parking, heures sup de la nounou…).

Enfin, nous alertons M. Jean-François Carenco, préfet de la région Ile-de-France, sur les nombreuses situations d’insécurité créées sur le réseau francilien : à bout, certains usagers se battent pour monter dans les trains, pour ne pas perdre une heure de plus. Certains trains sont trop pleins. Les quais bondés créent de forts risques lorsque des trains passent sans arrêt et effleurent les usagers serrés, à Maisons-Alfort, à Drancy ou à la Garenne-Colombes par exemple. Dans de nombreux trains ou gares, la qualification de trouble à l’ordre public n’est pas usurpée. Ainsi la question de la réquisition de certains agents sur les lignes les plus touchées doit être clairement posée, afin d’éviter tout drame.

Nous souhaitons sortir au plus vite de cette situation critique.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur Général, à l'assurance de nos salutations distinguées.

Rémy PRADIER                  Président de l’association SADUR

Marc PELISSIER                 Président de l’AUT - Fnaut Ile de France

Arnaud BERTRAND          Président de l’association Plus de Trains

Association SADUR                                              AUT- Fnaut IDF                                     Association Plus de Trains

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La ligne L détient le record des retards en 2015, il est urgent de remplacer tous ses vieux trains!

Lignes L et U du Transilien, le 22 février 2016,

Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous nos réactions suite à la publication des statistiques de ponctualité pour l'année 2015.

Le STIF (Syndicats des Transports d'Ile de France) a rendu public aujourd'hui les statistiques de ponctualité pour l'année 2015. Ces chiffres sont mauvais sur de nombreuses lignes de banlieue, qu'il s'agisse des RER ou des trains de banlieue.

http://stif.org/IMG/pdf/bpim_decembre-2015.pdf

La ligne L du Transilien (Saint Lazare - Versailles - Saint Nom la Bretèche - Cergy) affiche cette année le pire taux de retard de toute la région avec 17% des trajets retardés ou supprimés. Ces statistiques ne nous surprennent pas : c'est le reflet de souffrances répétées vécues par des milliers et des milliers d'usagers, souvent plusieurs fois par semaine. Et ils corroborent l'étude indépendante d'UFC Que Choisir, qui plaçait déjà la ligne L en tête des difficultés. Le RER A n'est guère plus brillant avec un taux de retard de 16%, le RER D est à 13%. Des lignes avec des trains neufs comme la ligne H n'ont que 5% de retard.

Face à cette situation scandaleuse, car émanant de responsables qui n'ont pas su prévoir les besoins et ont laissé nos lignes, nos trains, nos rails vieillir, les usagers se sont mobilisés depuis 3 ans. Nous nous sommes organisés et, avec l'appui des élus de nos villes, nous avons déjà obtenu une refonte complète des horaires. Mise en place en décembre dernier après une large concertation, les premiers résultats semblent positifs : les trains sont globalement moins bondés, les petits retards sont moins fréquents, au prix d'allongements de temps de parcours pour certains. Cependant, les pannes sont de plus en plus fréquentes et continuent de paralyser la ligne, avec gros retards, danger sur les quais, stress et souffrances pour nous tous.

Les usagers ont fait tout ce qu'ils ont pu, c'est maintenant aux élus de tenir leurs promesses et d'engager enfin les moyens indispensables à la modernisation d'une ligne qui était oubliée et qui est devenue honteusement la lanterne rouge du réseau. Nos trains ont 40 ans et sont maintenant très souvent en panne. La Cour des comptes cite que la durée de vie d'un train c'est 40 ans. Il n'y a pas à tergiverser, il faut changer tous nos vieux trains au plus vite, comme Valérie Pécresse s'y est engagée clairement lors de la campagne des régionales. Il faut aussi moderniser une infrastructure qui tombe en lambeaux et créer des aiguillages à différents endroits pour faciliter la gestion et réduire l'impact des pannes.

Tous les acteurs le rappellent : il y a urgence à moderniser l'ensemble du réseau d'Ile de France. Nous serons très vigilants à ce que les moyens nécessaires soient mis sur la table, il y a eu trop de faux semblants par le passé. Et il faut commencer par les lignes où les retards sont les plus pénalisants, alors même que la ligne L est la première ligne Transilien en terme d'affluence avec 300.000 usagers quotidiens, plus que tout le trafic TGV d'une journée.

Association Plus de trains pour la Défense

Association d'usagers des lignes L et U du Transilien

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